L’échinococcose, une maladie parasitaire grave et potentiellement mortelle

L’échinococcose est une zoonose parasitaire causée par les larves de petits ténias du genre Echinococcus. Cette parasitose se différencie principalement en deux formes en fonction de l’espèce impliquée : l'échinococcose alvéolaire et l'échinococcose kystique, causées respectivement par Echinococcus multilocularis  et Echinococcus granulosus sensu lato. Les autres formes d’échinococcose sont néotropicales et causées par d’autres espèces plus rares.

Ces deux dernières décennies, une augmentation de l’incidence a été observée en Belgique, particulièrement pour la forme alvéolaire. Cette dernière est transmise de façon autochtone en Belgique, principalement en Wallonie. À l’inverse, l’échinococcose kystique n’est pas transmise en Belgique et les cas recensés ont été contractés suite à un séjour en  région endémique (Maroc, Bulgarie, Turquie, Roumanie…). 

Pour autant, cette parasitose reste une maladie négligée, voire totalement méconnue par les spécialistes de la santé et le grand public. L’absence de connaissance par les médecins est ainsi un frein à l’éradication de la maladie. 

Le Laboratoire National de Référence s’est engagé d’une part, à exercer diverses missions pour améliorer le diagnostic et la prise en charge de la maladie. Nous souhaitons contribuer également, à la prévention de la maladie en informant le public des risques de contamination encourus particulièrement pour la forme alvéolaire, qui est la plus grave, à travers la mise à disposition de dépliants d’information.

 

 

Echinococcose alvéolaire

Echinococcose alvéolaire

Agent causal

L’échinococcose alvéolaire est liée à la prolifération, essentiellement dans le foie, du stade larvaire (encore appelé métacestode) d’Echinococcus multilocularis.

Cycle parasitaire

L’échinococcose alvéolaire fait intervenir un cycle sylvatique dont l’hôte définitif est, en Belgique, le renard roux (Vulpes vulpes) et les hôtes intermédiaires, des rongeurs au sein desquels Arvicola terrestris et Microtus arvalis sont les espèces le plus souvent incriminées. Les chiens, et plus rarement les chats, peuvent également être des hôtes définitifs (cycle domestique). L’homme, est un hôte accidentel, et se contamine par voie féco-orale via la consommation de fruits sauvages (fraises des bois, myrtilles, mûres) ou de légumes, souillés par les déjections animales contenant des œufs. Un contact direct avec le pelage d’un animal infecté constitue également une voie de contamination pour l’homme. 

Organes touchés

L’échinococcose alvéolaire touche principalement le foie. Dans certains cas, le parasite peut atteindre le cerveau ou d’autres organes soit par contiguïté comme le poumon soit pas voie hématogène comme le cerveau, les reins ou la rate.

Symptômes

Les symptômes ne sont pas spécifiques et n’apparaissent que dans la moitié des cas. Ils peuvent associer des douleurs abdominales, des vomissements, de la fatigue, des maux de tête, une toux chronique, une perte de poids et/ou un ictère. Les échinococcoses sont caractérisées par un temps d’incubation relativement long (5 à 15 ans), ce qui retarde le diagnostic de la maladie.

Diagnostic

C’est la combinaison de plusieurs méthodes qui permet de poser le diagnostic : l’imagerie médicale (échographie, radiographie, tomodensitométrie), la sérologie, l’histologie et la biologie moléculaire (PCR). La pathologie est très souvent diagnostiquée de façon fortuite à cause des symptômes aspécifiques et similaires aux tumeurs hépatiques.

Traitement

Avant la mise en place d’un traitement, une évaluation de l’activité métabolique et de l’étendue des lésions est nécessaire. Si celles-ci ne sont pas actives métaboliquement, et de faible taille, seul un suivi est réalisé. Dans le cas contraire, les traitements employés associent la chirurgie (radicale ou partielle),  précédée d’un ou deux mois de traitement par albendazole (ou mébendazole) et suivie d’un traitement de 2 ans. Ce traitement a un effet parasitostatique qui neutralise les lésions sans les éliminer totalement, c’est pourquoi il est prescrit à vie ou pour une longue durée. Pour les cas non opérables, seul le traitement antiparasitaire est utilisé à vie. La transplantation peut également être envisagée comme dernier recours.

Répartition géographique

D’un point de vue géographique, l’échinococcose alvéolaire touche principalement l’Europe Centrale, l’Amérique du Nord et l’Asie Centrale. Ce dernier regroupe 91% des nouveaux cas par an avec une prévalence allant jusqu’à 15% dans certains villages en Chine (Togerson et al, 2010). 

La situation en Belgique

Jusqu’il y a peu, la Belgique était considérée comme un pays non endémique pour l’échinococcose alvéolaire. Cependant, une étude réalisée en 2008 sur des autopsies de renards (principal hôte définitif et aussi réservoir) a mis en évidence une prévalence de l’infection allant jusqu’à 60 % dans certaines régions de Wallonie. En 2022, le laboratoire de la faune sauvage a estimé la prévalence à environ 38% en Wallonie (Pr Annick Linden). Depuis les années 1990, des cas autochtones humains d’échinococcose alvéolaire ont été traités en Belgique. Depuis, plus d’une quarantaine de patients atteints  d’échinococcose alvéolaire ont été pris en charge au CHU de Liège. Et de plus en plus de cas sont détectés chaque année grâce à une meilleure connaissance de la maladie et la meilleure maitrise des tests de détection.

Echinococcose kystique

Echinococcose kystique

Agent causal

L’échinococcose kystique, appelée aussi hydatidose est liée à la prolifération dans le foie (70% des cas) ou le poumon (20% des cas) du stade larvaire (encore appelé métacestode) d’Echinococcus granulosus sensu lato. Elle se rencontre particulièrement dans les grandes régions d’élevage de moutons et dans les populations rurales, en contact avec les chiens (de berger). Les populations se contaminent en ingérant des œufs libérés par les chiens qui hébergent le ver adulte.

Cycle parasitaire

Le cycle parasitaire de l’Echinococcus granulosus est un cycle indirect faisant intervenir plusieurs hôtes. Dans ce cas, les hôtes définitifs principaux sont les canidés (principalement, les chiens), tandis que les mammifères (mouton, chèvre, porc, cheval), constituent des hôtes intermédiaires. Les chiens se contaminent en dévorant des viscères d’herbivores infestés. L’homme, un hôte accidentel, se contamine par voie féco-orale via la consommation de végétaux souillés ou par contact direct avec le pelage des chiens.

Organes touchés

L’échinococcose kystique se caractérise par la présence de kystes hydatiques majoritairement localisés au niveau du foie (70% des cas).  Comme la forme alvéolaire, l’échinococcose kystique peut également atteindre les poumons (20% des cas), et plus rarement d’autres organes comme le cerveau, les reins, la rate, le pancréas ou les os.

Symptômes

Les symptômes ne sont pas spécifiques et sont dépendants du site et de la taille des kystes. Ils peuvent associer des douleurs abdominales, des vomissements, de la fatigue, des maux de tête, une toux chronique, une perte de poids et/ou un ictère. Les échinococcoses sont caractérisées par un temps d’incubation relativement long (5 à 15 ans) avec une phase initiale asymptomatique, ce qui retarde le diagnostic de la maladie. 

Diagnostic

C’est la combinaison de plusieurs méthodes qui permet de poser le diagnostic d’une échinococcose kystique : l’imagerie médicale (échographie, radiographie, tomodensitométrie), la sérologie, l’histologie et la biologie moléculaire (PCR). 

Traitement

Pour le traitement d’une échinococcose kystique, 4 options thérapeutiques sont possibles : 

  • Chirurgie (= traitement de référence). Les techniques chirurgicales employées vont de l’ablation kystique partielle (chirurgie conservatrice) à l’ablation kystique totale (chirurgie radicale). La chirurgie peut être associée à un traitement médicamenteux selon les cas.
  • Traitement médicamenteux  se base sur l’administration d’un médicament antiparasitaire de type antihelminthique de la classe des benzimidazolés (l’albendazole (Zentel®) per os ou le mébendazole par voie orale en cas d’intolérance au premier). Il est utilisé seul ou en association à un autre traitement (chirurgie par exemple). 
  • Traitement percutané des kystes hydatiques par la technique PAIR (ponction, aspiration, injection, réaspiration). Ce type de traitement peut être combiné à l’administration d’un médicament antiparasitaire (albendazole ou mébendazole).  
  • Observer et attendre. Cette approche peut être envisageable lorsque les lésions kystiques sont calcifiées. 

À l’heure actuelle, il n’y a aucun algorithme clairement défini pour la prise en charge d’une échinococcose kystique. Pour l’instant, le choix thérapeutique se base sur la classification échographique établie par l’OMS. Celle-ci oriente le traitement en fonction du stade de l’échinococcose kystique qui dépend de la morphologie des kystes visualisée lors de l’échographie. (plus d'explications : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5361546/)  

Répartition géographique

L’échinococcose kystique a une distribution cosmopolite, mais elle est principalement endémique en Asie Centrale, Amérique du Sud, Afrique du Nord et Afrique de l’Est. En Europe Centrale, la contamination autochtone est rare, les cas recensés sont alors importés de zones endémiques. 

La situation en Belgique

L’échinococcose kystique n’est pas endémique en Belgique. Ainsi, les cas diagnostiqués sont des  patients qui se sont contaminés dans un pays endémique, soit par ce qu’ils y ont vécu de longues années, soit parce que leur famille vit dans une zone endémique et qu’ils vont régulièrement les visiter. En effet, le flux migratoire observé ces dernières années est potentiellement à l’origine de l’augmentation des cas recensés. La surveillance de la situation belge face à cette parasitose est nécessaire de façon à diagnostiquer les cas le plus précocement possible et informer la population concernée des risques potentiels (contact avec les chiens dans les zones d’élevage). Les pays endémiques les plus fréquemment concernés pour les cas belges sont le Maroc, la Turquie, la Bulgarie et la Roumanie.

Missions

Expertise microbiologique

Pour assurer la mission d’expertise biologique, les activités suivantes sont réalisées :

  1. Diagnostic de l’échinococcose alvéolaire et kystique par des techniques sérologiques et moléculaires
  2. Confirmation du diagnostic établi par un autre laboratoire de biologie clinique
  3. Confirmation d’un diagnostic histologique suggéré par un laboratoire d’anatomopathologie
  4. Suivi thérapeutique pour l’échinococcose alvéolaire
  5. Typage moléculaire par l’analyse des microsatellites EmsB

Conseil scientifique

Le LNR assure une activité de conseil auprès des professionnels de la santé qui sont confrontés à des patients atteints d’une échinococcose ou présentant des signes cliniques évocateurs. Pour toute question, le personnel du LNR est disponible par e-mail ou téléphone

Surveillance épidémiologique

Le recensement des cas d’échinococcose sur le territoire belge a été initié dès les années
1990 par le Professeur Yves Carlier (ULB), puis le Professeur Carine Truyens, assurant la direction du laboratoire de référence pour l’échinococcose alvéolaire. Depuis 2021, le laboratoire de microbiologie du CHU de Liège assure le rôle de laboratoire de référence suite à une réorganisation des laboratoires de l’ULB. Nous poursuivons l’activité de recensement des cas, par le biais de l’envoi du formulaire ECDC (« European Centre for Disease Prevention and Control ») qui est adressé à tous les laboratoires belges de biologie clinique en début d’année. Les laboratoires sont également invités à se renseigner auprès des infectiologues de leur institution si des cas d’échinococcoses non diagnostiqués par sérologie et/ou PCR ont été détectés durant l’année.

Bien que la participation soit sur base volontaire, cette démarche permet de suivre l’évolution des échinococcoses en Belgique (notifiée depuis 2010), d’en déterminer la distribution géographique et de cibler les populations à risque. Les données d’une surveillance épidémiologique permettent ainsi d’orienter les mesures préventives à mettre en œuvre pour freiner l’émergence de nouveaux cas et d’alerter les autorités sanitaires et les citoyens belges sur une éventuelle augmentation de l’incidence. Les données recueillies sont envoyées à l’ECDC pour compléter les données européennes. 

Recherche/étude

Le LNR assure l’activité de développement et mise au point de nouvelles méthodes de diagnostic. Il réalise également le typage moléculaire par l’analyse des microsatellites EmsB pour les souches d’Echinococcus multilocularis circulantes chez l’homme, le renard et les rongeurs.

Voir les publications

Alerte & prévention

L’échinococcose une maladie négligée, voire totalement méconnue des spécialistes de la santé. De plus, l’augmentation des cas belges d’échinococcose alvéolaire, suggérant une contamination autochtone, implique la nécessité d’informer les médecins et la population sur l’endémie en cours. Il est donc indispensable de mettre en place des mesures préventives et sensibiliser les cliniciens  afin d’améliorer la prise en charge de la maladie. En ce sens, le LNR assure cette mission de transmission des informations par le biais de communications orales et écrites. 

Collaborations

 Une forte activité de collaboration est entretenue avec les cliniciens du CHU de Liège (groupe ECHINO-Liège) et les autres Centres de Référence tel que le CNR échinococcoses du CHU de Besançon (France). Ces entretiens multidisciplinaires permettent ainsi de gérer de façon optimale les cas d’échinococcose les plus difficiles. Les scientifiques du LNR font partie du groupe ECHINO-LIEGE, un groupe multidisciplinaire ayant pour but principal l’amélioration de la prise charge clinique des échinococcoses, plus particulièrement de la forme alvéolaire. Ce groupe se réunit régulièrement (3 fois/an) pour la présentation des nouveaux cas cliniques, discussion des cas en cours de traitement et des améliorations futures à apporter. Des contacts téléphoniques réguliers sont également de mise pour discussion des cas et transmission des résultats.

Des collaborations avec le département de la faune sauvage de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Liège (Pr. Annick Linden) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l‘environnement et du travail (ANSES, France) sont également entretenues de façon à étudier le lien relationnel entre l’homme et les animaux hôtes de l’échinococcus multilocularis. Pour cela, des DNA issus d’animaux circulant en Wallonie et France sont transmis au LNR. Cette coopération permet ainsi la mise en place d’études transversales impliquant les cliniciens et vétérinaires pour étudier par exemple les profils génétiques de l’E. multilocularis circulant chez les patients atteints d’échinococcose alvéolaire, l’hôte définitif (renards) et les hôtes intermédiaires (rongeurs).

Dépistage sérologique Echinococcus sp.

Pour le dépistage d'une échinococcose de forme clinique non précisée, une combinaison de deux tests ELISA est réalisée : IgG anti-E. multilocularis Em2-rEm18 (détection quantitative des IgG dirigés contre les antigènes recombinants spécifiques Em2 et rEm18) et IgG anti-E. granulosus (détection quantitative des IgG dirigés contre les antigènes bruts de fluides hydatiques), utilisée en l'absence de données cliniques et épidémiologiques évocatrices d'une forme précise. En cas de positivité de l'un des deux ELISA, ou en cas de suspicion clinique, un immunoblot (western blot) est ajouté au panel, pour diagnostic ou confirmation respectivement : ce test qualitatif, reposant sur une membrane de nitrocellulose portant différents antigènes, détecte les IgG dirigés contre des antigènes spécifiques à E. granulosus, à E. multilocularis et communs au genre Echinococcus sp., et s'interprète selon le poids moléculaire des bandes apparues. Sa grande spécificité et sensibilité permettent de différencier immunologiquement une échinococcose kystique d'une échinococcose multiloculaire. Un ELISA négatif n'excluant pas une réelle infection — dans certains cas, seul le western blot est positif —, ce dernier est également réalisé en cas de forte suspicion clinique malgré la négativité du test ELISA.

L'échantillon est un sérum, d'un volume minimum de 3 à 5 mL, conservé et transporté à une température comprise entre 2 et 8°C, selon les règles d'étiquetage et de conditionnement applicables aux échantillons infectieux.

Les tests sont réalisés une fois par semaine ; les résultats sont disponibles le jour même, ou une semaine plus tard si un contrôle s'avère nécessaire. Ils sont communiqués par compte-rendu papier ou électronique, les résultats positifs étant en outre transmis par téléphone et faxés au clinicien ou au laboratoire sous-traitant.

Dépistage sérologique Echinococcus multilocularis

Le diagnostic sérologique de l'échinococcose alvéolaire repose sur la combinaison d'un test ELISA IgG anti-E. multilocularis Em2-rEm18, sensible, suivi d'une confirmation de spécificité par immunoblot, hautement spécifique. L'ELISA détecte quantitativement dans le sérum les IgG dirigés contre les antigènes recombinants spécifiques d'E. multilocularis (Em2 et rEm18) et est réalisé lors de toute suspicion d'échinococcose alvéolaire ; en raison de la faible sensibilité ou réactivité immunitaire dans l'échinococcose, quelle que soit sa forme, le LNR applique un seuil de détection abaissé pour augmenter la sensibilité — ce qui n'est envisageable qu'en combinaison avec l'immunoblot. Le seuil de détection (zone grise) se situe entre 0,6 et 1,1 : un index < 0,6 est négatif, un index ≥ 1,1 est positif. L'immunoblot détecte qualitativement les IgG dirigés contre des antigènes spécifiques à E. granulosus, à E. multilocularis et communs au genre Echinococcus sp., à l'aide d'une membrane de nitrocellulose portant différents antigènes, interprétée selon le poids moléculaire des bandes apparues ; sa grande spécificité permet de différencier immunologiquement une échinococcose kystique d'une échinococcose multiloculaire. Très sensible, il est parfois le seul test positif dans une échinococcose (kystique, dans l'expérience du laboratoire) : il est donc recommandé de le prescrire même en dépistage lorsque la suspicion radiologique est élevée.

L'échantillon est un sérum, d'un volume minimum de 3 à 5 mL, conservé et transporté à une température comprise entre 2 et 8°C, selon les règles d'étiquetage et de conditionnement applicables aux échantillons infectieux.

Les tests sont réalisés une fois par semaine ; les résultats sont disponibles le jour même, ou une semaine plus tard en cas de contrôle nécessaire. Ils sont communiqués par compte-rendu papier ou électronique, les résultats positifs étant en outre transmis par téléphone et faxés au clinicien.

Dépistage sérologique Echinococcus granulosus

Le diagnostic sérologique de l'échinococcose kystique repose sur la combinaison d'un test ELISA IgG anti-E. granulosus, sensible, suivi d'une confirmation de spécificité par western blot, hautement spécifique. L'ELISA détecte quantitativement dans le sérum les IgG dirigés contre des antigènes bruts ou recombinants de fluide hydatique d'E. granulosus, et est réalisé lors de toute suspicion d'échinococcose kystique ; son seuil de détection (zone grise) se situe entre 0,9 et 1,1 : un index < 0,9 est négatif, un index ≥ 1,1 est positif. Le western blot détecte qualitativement les IgG dirigés contre des antigènes spécifiques à E. granulosus, à E. multilocularis et communs au genre Echinococcus sp., à l'aide d'une membrane de nitrocellulose portant différents antigènes, interprétée selon le poids moléculaire des bandes apparues après électro-transfert du sérum ; il est réalisé en cas de positivité de l'ELISA, pour en confirmer la spécificité. Lorsque l'ELISA est négatif malgré des données cliniques et épidémiologiques équivoques, le western blot est tout de même réalisé comme méthode de dépistage pour confirmer ou infirmer ce résultat négatif : l'expérience du laboratoire a en effet démontré son utilité pour détecter les faux négatifs obtenus par les méthodes immunoenzymatiques, en plus de sa grande spécificité.

L'échantillon est un sérum, d'un volume minimum de 3 à 5 mL, conservé au réfrigérateur entre 2 et 8°C et transporté dès que possible à cette même température, selon les règles d'étiquetage et de conditionnement applicables aux échantillons infectieux.

Les tests sont réalisés une fois par semaine ; les résultats sont disponibles le jour même, ou une semaine plus tard en cas de contrôle nécessaire. Ils sont communiqués par compte-rendu papier ou électronique, les résultats positifs étant en outre transmis par téléphone et faxés au clinicien ou au laboratoire sous-traitant.

Suivi sérologique Echinococcus multilocularis

Le suivi de l'échinococcose alvéolaire repose sur l'association de deux tests ELISA détectant dans le sérum, respectivement, les IgG dirigés contre les antigènes recombinants Em2 et rEm18, et contre le seul antigène rEm18, spécifiques d'E. multilocularis ; un western blot est également employé pour le suivi de l'activité parasitaire chez les patients sous traitement médicamenteux depuis 24 mois. La combinaison des deux ELISA permet de suivre la décroissance du titre d'anticorps, témoin de l'activité parasitaire, chez les patients atteints d'échinococcose alvéolaire sous benzimidazolés — que ce soit pour évaluer l'efficacité du traitement et détecter une éventuelle reviviscence de l'infection, ou pour suivre un patient dont les lésions sont a priori calcifiées et sans activité métabolique parasitaire ; une évolution favorable est validée par un index inférieur à 0,6, toute élévation devant faire l'objet d'une nouvelle évaluation par imagerie. Ce suivi ELISA est réalisé tous les 3 mois la première année de traitement, puis à 6 et 12 mois la seconde année, en l'absence de guidelines publiées sur le suivi de l'échinococcose alvéolaire hormis une recommandation de test à deux ans post-traitement après chirurgie (Wen H. et al., 2019). Le western blot détecte quant à lui qualitativement les IgG dirigés contre des antigènes spécifiques à E. granulosus, à E. multilocularis et communs au genre Echinococcus sp., à l'aide d'une membrane de nitrocellulose portant différents antigènes, interprétée selon le poids moléculaire des bandes apparues ; il est réalisé 2 ans après le début du traitement.

L'échantillon est un sérum, d'un volume minimum de 3 à 5 mL, conservé entre 2 et 8°C et transporté dès que possible à cette même température, selon les règles d'étiquetage et de conditionnement applicables aux échantillons infectieux.

Les tests sont réalisés une fois par semaine ; les résultats sont disponibles le jour même, ou une semaine plus tard en cas de contrôle nécessaire. Ils sont communiqués par compte-rendu papier ou électronique, les résultats positifs étant en outre transmis par téléphone et faxés au clinicien ou au laboratoire sous-traitant.

PCR Echinococcus sp.

La PCR multiplexe en temps réel, technique in house développée et validée par le laboratoire de Microbiologie du CHU de Liège, est utilisée en première ligne à l'arrivée de l'échantillon au LNR : elle cible simultanément E. multilocularis (échinococcose alvéolaire) et E. granulosus sensu stricto, la sous-espèce du complexe E. granulosus sensu lato la plus fréquemment retrouvée dans les cas d'échinococcose kystique. En cas de négativité de cette première PCR, une PCR multiplexe classique, dérivée de la technique publiée par Trachsel et al. (2007), est réalisée ; outre l'identification d'E. multilocularis, elle présente l'avantage de cibler également toutes les sous-espèces du complexe E. granulosus sensu lato par l'amplification d'un gène commun, mais nécessite un séquençage Sanger post-PCR pour discriminer précisément la sous-espèce en cause.

Les prélèvements requis sont une biopsie fraîche ou incluse en paraffine, une pièce chirurgicale fraîche, ou un liquide biologique (bile, liquide pleural, liquide de ponction, prélèvement respiratoire) — ces derniers nécessitant un volume minimum de 1 mL. Les prélèvements se conservent entre 2 et 8°C dans les 24 heures, puis à -20°C au-delà ; ils sont acheminés dans les mêmes conditions de température, les biopsies et pièces chirurgicales fraîches devant en outre être protégées de la déshydratation en étant conservées dans un liquide physiologique stérile, selon les règles d'étiquetage et de conditionnement applicables aux échantillons infectieux.

Les tests sont réalisés tous les jours ouvrables du lundi au vendredi ; les résultats sont disponibles le jour même, ou le lendemain en cas de contrôle nécessaire, avec un délai supplémentaire d'une semaine si un séquençage post-PCR est requis. Ils sont communiqués par compte-rendu papier ou électronique, les résultats positifs étant en outre transmis par téléphone et faxés au clinicien ou au laboratoire sous-traitant.

Equipe & contact

Responsable

Responsable scientifique

Scientifique associée au CNR

Equipe technique

  • Raphaël BOREUX
  • Françoise TOUSSAINT

Secrétaires